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Raccorder un distributeur automatique : la prise, la puissance, et qui paie l'électricité

Quelle prise et quel circuit pour un distributeur automatique, ce qu'il consomme, comment facturer l'électricité, et ce que l'installation doit respecter.

Un distributeur qui vend est un distributeur qui reste sous tension. Le jour où son disjoncteur saute un vendredi soir, la machine ne vend rien pendant deux jours et son stock réfrigéré part à la poubelle. La question électrique se règle donc avant la livraison, pas devant la machine. Cette page dit quelle prise, quel circuit et quelle puissance prévoir, ce que la machine consomme, comment facturer l'électricité, et ce que l'installation doit respecter.

Lire la plaque avant de parler de prise

Chaque machine porte une plaque signalétique : tension, puissance nominale, courant absorbé, indice de protection. Demandez à l'exploitant la fiche technique du modèle prévu — pas « une machine à boissons », le modèle. C'est elle qui dicte le circuit.

Les ordres de grandeur, à remplacer par la plaque :

  • une machine réfrigérée de boissons ou de snacks se branche en monophasé et appelle quelques centaines de watts en pointe, quand son compresseur démarre, beaucoup moins en régime établi [E — fourchette lue sur des fiches techniques de machines réfrigérées courantes ; la valeur exacte est sur la plaque] ;
  • une machine qui cuit ou réchauffe — distributeur de pizzas avec four, de plats chauds — appelle plusieurs kilowatts et demande souvent un circuit de calibre supérieur, parfois une alimentation triphasée [E — à lire sur la fiche technique du modèle ; les machines à four diffèrent fortement entre elles] ;
  • un casier fermier réfrigéré se comporte comme une armoire froide : peu de puissance, mais en continu.

Un circuit dédié, pas une multiprise

La règle qui évite la plupart des pannes : une prise fixe, sur un circuit qui n'alimente rien d'autre, protégée par un disjoncteur adapté au calibre de la prise et par un dispositif différentiel — pour une prise domestique courante, un disjoncteur 16 A et un différentiel 30 mA [D — valeurs usuelles d'un circuit de prises d'une installation basse tension, norme NF C 15-100]. Un électricien les pose en une demi-journée.

Pourquoi un circuit à part : le compresseur d'une machine réfrigérée appelle un courant de démarrage bien supérieur à sa consommation normale. Sur un circuit partagé avec une cafetière, un micro-ondes ou un chauffage d'appoint, ce pic fait sauter la protection — et personne n'est là pour la réarmer.

Ce qu'il faut écarter d'emblée :

  • la rallonge et la multiprise « en attendant » : une rallonge n'est pas une installation, elle chauffe sous une charge continue, elle se débranche par inadvertance, et elle traîne au sol dans un passage ;
  • la prise sans terre : la mise à la terre des masses est obligatoire [D — norme NF C 15-100], et une machine métallique sous tension sans terre est un danger pour qui la touche ;
  • la prise partagée avec l'éclairage : une machine ne doit pas s'éteindre quand on éteint la lumière.

En extérieur ou sous auvent, la prise doit être prévue pour : boîtier étanche, indice de protection adapté, et une machine elle-même conçue pour l'extérieur. Une machine d'intérieur posée dehors est une machine qui vieillit en un hiver.

Ce que ça consomme

Une machine réfrigérée consomme de l'ordre de 2 à 3 kWh par jour, soit 60 à 90 kWh par mois [E — puissance de la plaque multipliée par la durée de fonctionnement du compresseur ; la valeur exacte se lit sur un sous-compteur]. Au tarif d'une petite fourniture professionnelle, cela représente une somme de l'ordre de 12 à 23 € par mois [E — 60 à 90 kWh à un prix de 0,20 à 0,25 € le kWh ; remplacez par le prix de votre propre facture]. C'est peu, mais c'est tous les mois, et c'est le genre de somme qui fâche quand rien n'a été écrit.

Une machine qui cuit consomme selon le nombre de cuissons : demandez à l'exploitant la mesure faite sur une machine comparable, il l'a.

Le calculateur de rentabilité intègre l'électricité dans le compte de l'exploitant — c'est là que vous verrez ce qu'elle pèse par rapport au loyer.

Qui paie, et comment le mesurer

Rien ne l'impose : le contenu du contrat est libre (Code civil, art. 1102). Trois pratiques, de la plus simple à la plus juste :

  1. L'électricité est comprise dans le loyer. Simple, et adapté à une machine dont la consommation est faible et connue. Le loyer en tient compte.
  2. Un forfait mensuel à part, calculé à partir de la plaque et de votre prix du kWh, révisé une fois par an. La formule s'écrit dans le contrat.
  3. Un sous-compteur, posé par l'exploitant sur le circuit de la machine, relevé avec le loyer, facturé au prix du kWh de votre propre facture. C'est la seule méthode exacte, et la seule qui tienne pour une machine à four.

Dans les trois cas, une phrase du contrat le dit, avec la prise ou le circuit désigné. Ajoutez ce qui se passe en cas de coupure : qui prévient qui, sous quel délai, et qui supporte la perte du stock réfrigéré — le sujet est traité dans le guide sur l'assurance.

Ce que l'installation doit respecter

Une prise ajoutée pour une machine est une modification de votre installation électrique, et cette installation a un cadre.

Dans un lieu de travail, l'employeur maintient l'ensemble des installations électriques permanentes en conformité avec les règles de conception applicables à leur mise en service (Code du travail, art. R4226-5), et les fait vérifier périodiquement par un organisme accrédité ou une personne qualifiée (art. R4226-14 et suivants ; le contenu des vérifications est fixé par l'arrêté du 26 décembre 2011). Un circuit ajouté entre dans la vérification suivante — et s'il constitue une modification de structure de l'installation, c'est une vérification initiale, par un organisme accrédité (art. R4226-14 et R4226-15) : signalez-le au vérificateur, et gardez la facture de l'électricien, qui dit quel circuit existe et comment il est protégé.

Dans un établissement recevant du public, le règlement de sécurité contre l'incendie s'ajoute, et la commission de sécurité regarde les installations électriques : une machine branchée sur une rallonge y est le genre de détail qui se remarque.

Dans tous les cas, faites poser la prise par un électricien et conservez sa facture : c'est le document que demandera votre assureur le jour d'un sinistre d'origine électrique.

La liste avant livraison

  1. La fiche technique de la machine est reçue, la puissance et le courant sont lus.
  2. Une prise fixe, avec terre, est posée à portée du cordon de la machine — sans rallonge.
  3. Le circuit est dédié, son disjoncteur est repéré au tableau, et l'exploitant sait où il se trouve.
  4. En extérieur, prise et machine sont prévues pour l'extérieur.
  5. Le contrat dit qui paie l'électricité, sur quelle base, et qui fait quoi en cas de coupure.
  6. La facture de l'électricien est classée avec le contrat.

Questions fréquentes

Une prise ordinaire suffit-elle ?

Pour la plupart des machines réfrigérées de boissons et de snacks, oui : une prise courante sur un circuit dédié, protégée par un disjoncteur 16 A [D — norme NF C 15-100]. Les machines qui cuisent ou réchauffent demandent davantage — parfois du triphasé. La fiche technique tranche.

Peut-on brancher la machine sur une rallonge en attendant l'électricien ?

Non. Une rallonge sous charge continue chauffe, se débranche, traîne au sol, et n'est pas une installation au sens de la norme. Si la prise n'est pas prête, la machine attend.

Qui paie la pose de la prise ?

C'est à négocier, et à écrire. En pratique, le propriétaire la prend souvent en charge quand la prise servira au lieu après le départ de la machine, et l'exploitant quand il tient à l'emplacement. Une prise coûte une intervention d'électricien ; un emplacement qui vend en vaut plusieurs.

Que se passe-t-il en cas de coupure de courant ?

La machine s'arrête, le froid aussi. Les machines de produits frais bloquent la vente quand la température est sortie de sa plage trop longtemps, et le stock se jette. Le contrat doit dire qui prévient l'exploitant, sous quel délai, et qui supporte la perte — sans clause, chacun pensera que c'est l'autre.

Faut-il un compteur séparé ?

Un sous-compteur posé sur le circuit de la machine suffit : il se lit avec le loyer et se facture au prix de votre facture. Un contrat de fourniture distinct auprès du fournisseur d'électricité est disproportionné pour une machine.

Sources

Légende : [M] mesuré · [D] déclaré par la source · [E] estimé, base indiquée.

Cette page donne une information générale, à jour à la date indiquée. Ce n'est ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal : avant de signer, vérifiez votre situation auprès d'un professionnel.

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