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Vous exploitez une station-service : ce qu'un distributeur peut y faire

Du passage jour et nuit, des clients déjà arrêtés : ce qu'un distributeur rapporte dans une station-service, où il se pose, ce qu'il demande, et qui décide.

Une station-service ne ferme jamais tout à fait : les pompes servent la nuit, le dimanche, les jours fériés, quand la boutique a baissé son rideau. C'est exactement le créneau d'un distributeur — une pizza chaude à vingt-trois heures, un sandwich à cinq heures du matin, un café pour le routier qui fait sa pause. Les clients sont déjà arrêtés, pressés, la carte à la main.

Pourquoi ce type de lieu intéresse un exploitant

Le flux est continu : les automates de paiement ont rendu beaucoup de stations accessibles sans personnel une partie de la nuit, et une machine y est alors la seule chose qui vende. Le public est captif le temps d'un plein, et il a déjà décidé de dépenser. L'accès livraison est immédiat : la camionnette de réapprovisionnement se gare là où les clients se garent. Enfin, la station est éclairée et surveillée — une caméra tourne déjà, ce qui protège la machine des dégradations mieux que n'importe quel auvent.

Ce que ça peut rapporter

Le loyer d'un emplacement se déduit de ce que la machine y gagne. Pour une machine qui vend une douzaine d'unités par jour à un prix moyen de 2,50 €, le chiffre d'affaires mensuel tourne autour de 900 € [E — hypothèse de départ, 12 × 2,50 × 30,4 jours] ; ce qui reste après la marge de l'exploitant, l'électricité, ses tournées et l'amortissement de la machine est ce qui peut vous revenir. Demandez à l'exploitant ses relevés sur des stations comparables : ils valent mieux que toute hypothèse.

Le calculateur de rentabilité refait ce calcul avec vos chiffres ; les trois modes de loyer — fixe, pourcentage, mixte — sont dans le guide sur le loyer. Le pourcentage a du sens ici : les ventes suivent votre fréquentation.

Où poser la machine — et où ne pas la poser

Une station-service est, en général, une installation classée pour la protection de l'environnement (rubrique 1435). L'arrêté qui la régit fixe l'implantation des appareils de distribution de carburant, des distances d'éloignement par rapport aux issues, aux bâtiments et aux installations voisines, et vous impose de recenser et de signaler les parties de l'installation à risque d'incendie ou d'explosion [D — arrêté du 15 avril 2010, annexe I, points 2.1 et 4.3]. Votre document unique d'évaluation des risques comporte en outre le classement en zones des emplacements où une atmosphère explosive peut se présenter, autour des pompes et des évents des cuves [D — Code du travail, art. R4227-52 ; arrêtés du 8 juillet 2003 et du 28 juillet 2003]. Un distributeur est un appareil électrique : il se pose côté boutique — sur la façade, sous l'auvent de la boutique, à l'écart des pistes —, jamais dans ces zones. Avant de fixer l'emplacement, montrez-le à votre bureau de contrôle ou à la compagnie qui suit votre installation ; une réponse écrite vous évitera une remarque lors de la prochaine visite.

Ce que ça demande

  • Une prise dédiée, sur un circuit propre et hors des zones à risque : en pratique une prise 230 V protégée par un disjoncteur 16 A [D — valeurs usuelles d'un circuit d'installation basse tension, norme NF C 15-100] ; une machine à four demande davantage — l'exploitant le dira d'après sa fiche technique.
  • Un sol plan, hors du cheminement des véhicules, où la camionnette peut approcher sans gêner les pompes.
  • Un abri : l'auvent de la boutique, un retour de mur. Une machine prévue pour l'extérieur existe, plus chère.
  • De la lumière la nuit — vous l'avez déjà.
  • Une offre qui complète la boutique plutôt qu'elle ne la concurrence : ce que vous ne vendez pas, ou ce que vous ne vendez plus après la fermeture.

Qui décide

Beaucoup de stations sont exploitées sous contrat avec une compagnie ou une enseigne — location-gérance, commission, franchise. Ce contrat peut réserver l'offre de la boutique, encadrer les équipements de tiers ou exiger un accord préalable : lisez-le avant de vous engager, et demandez l'accord par écrit. Le propriétaire des murs, s'il n'est pas vous, a aussi son mot à dire. Sur une aire d'autoroute ou un site concédé, l'emplacement relève du domaine public et d'une autorisation d'occupation, décrite dans le guide sur l'AOT.

Prévenez votre assureur : la machine reste la propriété de l'exploitant, mais elle est chez vous. Et si la machine vend à manger, l'exploitant a une déclaration à faire — le guide sur l'hygiène dit laquelle, et ce que vous pouvez lui demander.

Les questions à poser à l'exploitant

  1. Quels produits, et à quelles heures se vendent-ils selon vous ?
  2. Quel modèle de machine, quelles dimensions, quelle puissance, et est-elle prévue pour l'extérieur ?
  3. Qui paie l'électricité, et comment est-elle mesurée ?
  4. À quelle fréquence passez-vous, et sous combien de temps en cas de panne ?
  5. La machine vend à manger : quelle déclaration avez-vous faite, et quelle assurance couvre les produits ?
  6. Quelle durée d'engagement, quel préavis, et qui enlève la machine à la fin ?

Les réponses tiennent dans un contrat de deux pages, dont un modèle figure dans le guide sur le contrat.

Sources

Légende : [M] mesuré · [D] déclaré par la source · [E] estimé, base indiquée.

Cette page donne une information générale, à jour à la date indiquée. Ce n'est ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal : avant de signer, vérifiez votre situation auprès d'un professionnel.

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